Métier
De l’argent au quotidien avec la couture en plein air
Les couturières en plein air sont prêtes à satisfaire les commandes dans un temps limité. (Photo : Mamy Mael)
En entrant dans l’enceinte d’un grand marché de la capitale, vous êtes immédiatement attiré par des voix féminines et le bruit des machines à coudre du côté des marchands de tissus. Ces femmes-là, on les appelle couturières en plein air, ou ambulantes, « mpanao zaitra an-tsena ». On les rencontre presque dans tous les marchés clos, et la rapidité dans la confection et la couture est leur qualité. Malabary pour enfants et adultes, tablier, jupe et simple robe, vêtement à retailler, drap de lit ou couvre-lit, rideau, sac en tissu, nappe de table sont parmi les confections qu’elles peuvent faire en un rien de temps avec leurs machines à coudre à bras.
En général, la couture en plein air nourrit bien son homme, ou plutôt sa femme, et permet quelquefois de thésauriser. Car, une couturière en plein air peut gagner au moins 30 000 ariary par jour. En général, elle mise sur le travail rapide afin de satisfaire le maximum de clients possibles. Mais cela ne dure pas toute l’année.
« Je fais revenir le client le lendemain, s’il habite en-dehors de la capitale ou si je suis surchargée de travail. En général, les commandes sont exécutées immédiatement dans l’heure qui suit, au plus tard », révèle Françoise Rasoanantenaina, une jeune femme couturière en plein air et en même temps marchande au marché d’Isotry.
L’expérience acquise par ces jeunes filles et ces femmes explique la rapidité avec laquelle elles cousent un vêtement, par exemple. D’ailleurs, elles exercent le métier de couturière depuis des années.
« Je suis couturière ambulante depuis une quarantaine d’années, et c’est ma mère qui a mis ma main au volant d’une machine à coudre, à l’âge de 12 ans. En fait, j’ai commencé par faire des boutonnières à 7 ans », témoigne Bako-Lalao Rafarasoa.
« Avant, j’ai travaillé dans une entreprise franche, il m’est donc facile de m’adapter à mon nouveau métier de couturière en plein air. D’autant plus que je possède déjà une machine à coudre. Toutefois, la concurrence est rude, nous sommes trop nombreux dans la profession, et la clientèle tend à se réduire à cause de la crise », fait remarquer Ando Rabenandrasana, couturière au marché d’Ambodin’Isotry.
Des commandes saisonnières
Les commandes dépendent des saisons. Mais c’est pendant la période hivernale que les couturières en plein air gagnent le plus d’argent. De fait, des événements familiaux comme la circoncision et le retournement des morts ont lieu à ce moment-là. De même, les parents préparent la rentrée scolaire et font confectionner les tabliers d’écolier pour leurs enfants.
« Nous profitons de la saison fraîche pour gagner le plus d’argent. A la période des pluies, les gens sont accaparés par la préparation des champs et par les études de leur progéniture », note Malala Randrianasolo, couturière exerçant au marché d’Andravoahangy.
Outre la couture en plein air, certaines font de la confection à domicile. Les produits finis sont alors écoulés au marché. Un emploi du temps découle de saisonnalité des commandes.
Pendant le mois d’août, sont exécutés les tabliers d’écolier. De mai à juillet se cousent les malabary pour enfants. Alors que les malabary pour adultes et les divers vêtements sont confectionnés pendant toute l’année.
Un tarif préétabli
Une couturière en plein air peut exécuter diverses confections. Mais, il existe un prix préétabli, voire fixe, pour chaque type. Si vous commandez plus de dix chemises, par exemple, elle peut consentir un
« prix de gros », c’est-à-dire une remise. En tout cas, voici le tarif pratiqué par la plupart des couturières ambulantes :
- Raccourcir une robe et faire un ourlet : à partir de 1 000 ariary
- Retailler un vêtement : 1 500 à 2 500 ariary
- Costume pour un mpihira gasy homme : 9 000 ariary
- Costume pour une mpihira gasy : 20 000 ariary
- Lambahoany : à partir de 500 ariary (selon sa longueur)
- Un simple rideau : 1 500 ariary
- Un rideau plus élaboré : 2 500 ariary
- Tablier d’écolier : 3 000 ariary
- Malabary pour adulte : 4 000 ariary
- Malabary pour enfant : 3 000 ariary
Mercredi 08 août 2012