Manifestation contre QMM
Des arrestations à Tolagnaro
Le barrage a été démantelé samedi dernier, mais les manifestations vont reprendre aujourd’hui
Les forces de l’ordre ont démantelé le barrage qui a bloqué l’accès à l’usine de Mandena. Une dizaine de personnes ont été arrêtées, samedi.
La ville de Tolagnaro s’est embrasée samedi. Les forces de l’ordre ont procédé au démantèlement du barrage dressé par des grévistes, qui bloquaient l’accès vers la mine et l’usine d’extraction d’ilménite de Rio Tinto QMM à Mandena. Plusieurs dizaines de bombes lacrymogènes ont éclaté pour éparpiller les manifestants. Ces derniers ont ensuite riposté avec des jets de pierres et ont menacé de brûler la base vie numéro trois où logent des membres du personnel de la compagnie. Selon les témoignages que nous avons recueillis, la broussaille qui borde l’enceinte a déjà commencé à s’embraser, mais le feu a été maîtrisé. Selon le dernier bilan, une dizaine de personnes ont été arrêtées, mais la femme qui menait la grève était encore recherchée jusqu’à hier. Un blessé a été recensé du côté des manifestants, et deux autres, un policier et un gendarme, du côté des forces de l’ordre. Un véhicule a également été incendié par les manifestants.
« Pour l’instant, le calme règne à Tolagnaro. Mais les grévistes prévoient de continuer leur manifestation demain (ndrl : aujourd’hui) », a déclaré un membre des forces de l’ordre présent à Tolagnaro.
Poudrière
Le problème de Tolagnaro a débuté dimanche 6 janvier. Un groupe de personnes avait lancé un ultimatum contre QMM. Ces gens se sont plaints d’avoir été lésés par le système d’indemnisation en faveur de ceux qui devaient être déplacés, pour les besoins du projet d’exploitation d’ilménite à la mine de Mandena. Lundi, ils ont commencé à dresser des blocs de bois au milieu de la chaussée qui accède au site. Une confusion règne autour de la revendication des grévistes. Outre le problème d’indemnisation, le départ de Ny Fanja Rakotomalala, président directeur général de la compagnie QMM a également été réclamé par les manifestants. Et puis, QMM et ses prestataires ont été accusés de recruter des gens d’Antananarivo au détriment des jeunes de Tolagnaro.
« Les revendications changent tout le temps. Je pense que le problème de fonds est politique, né d’un différend entre des personnalités politiques locales. Certaines personnes veulent que la situation prenne une dimension ethnique », analyse une haute personnalité au courant de la situation.
Les forces de l’ordre ont déjà tenté de démanteler le barrage au début de la semaine dernière. Mais à cause d’un manque d’effectifs, ils ont été très vite dépassés par la situation et n’ont rien pu faire. D’après nos informations, des éléments détachés dans les communes et villages avoisinants de Tolagnaro ont été réquisitionnés pour l’opération
de samedi. Près de 80 gendarmes, policiers et militaires au total y ont participé. Aux dernières nouvelles, la compagnie QMM prévoit de reprendre sa production aujourd’hui. La région prévoit d’initier les négociations entre les manifestants et l’opérateur.
Mahefa Rakotomalala
Lundi 14 janvier 2013