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Le chef du gouvernement a surpris les membres de l'institution. « Personne n'a tiré sur personne et personne ne s'est battu », a-t-il indiqué pour expliquer sa position. « L'Arema et le Tim, deux grands partis, mais également le RPSD, le PSD, le Monima, le Leader Fanilo, ou encore les indépendants sont déjà intégrés. Je ne vois plus aucune raison d'organiser une autre réconciliation », a-t-il soutenu.
Le général Camille Vital s'en est pris aux mouvances des trois anciens présidents. « Notre problème se résume aux trois mouvances. Nous les avons sollicitées, mais elles n'ont pas répondu. Tant pis pour elles» , a-t-il lâché. « Notre préoccupation est de sortir de cette crise », a-t-il souligné.
Sacrifices
Le chef du gouvernement a également décoché une flèche à la Communauté de développement de l'Afrique australe (SADC). « Globalement, c'est la décision de la SADC qui fait perdurer la transition », a-t-il regretté avant d'ajouter. « Il faudra encore attendre la réunion de Gaborone pour pouvoir fixer la date des élections. »
L'officier général s'est exprimé d'une voix discordante au processus en cours à quelques jours de la réunion de Gaborone, censée réunir les acteurs politiques pour trouver une issue à la crise. Dans le contexte actuel, la feuille de route prône des mesures de confiance et d'apaisement, dont la réconciliation nationale et la question de l'amnistie. Des commissions ont été installées pour préparer le terrain à la réconciliation nationale, entre autres en élaborant des textes dans ce sens.
Le discours du Premier ministre à la tête d'un gouvernement dit d'union nationale a donc étonné. Dans une certaine mesure, sa déclaration rappelle celle tenue par l'ancien chef du gouvernement Jacques Sylla, lorsque l'opposition avait réclamé l'amnistie et la réconciliation nationale après la crise post-électorale de 2002.
Les quelques membres du CST, interrogés sur le discours du général Camille Vital, ont ressenti un peu de gêne. « Nous connaissons le tempérament du Premier ministre. L'objectif est de mettre fin à la crise, mais chacun a son point de vue pour y arriver. Personnellement, je ne peux pas le juger », a éludé le général Dolin Rasolosoa, président de la Chambre haute.
Il a réitéré sa position qui se veut conciliatrice. « Il faut mettre fin à la crise. Pour cela, il faut faire des sacrifices de part et d'autre, au nom de l'intérêt supérieur de la Nation », a-t-il prôné.
De leur côté, les mouvances des trois anciens Présidents n'ont pas attendu longtemps pour contre-attaquer. « Depuis 2002, nous avons réclamé la réconciliation nationale. Si le général Camille Vital pense que nous n'en avons pas besoin, c'est son problème », a rétorqué Emmanuel Rakotovahiny, bras droit de l'ancien chef de l'État Albert Zafy. « En fait, il ne s'intéresse pas au fond du problème du pays », a-t-il ajouté.
La politique générale éludée
Le Premier ministre Camille Vital a préféré rester dans le vague en répondant à une question sur ses intentions en matière de politique générale du gouvernement. Durant son intervention devant le CST, il a concentré ses arguments sur le domaine sécuritaire et social. « Certaines appréhensions sont fondées », a-t-il répondu pour évoquer un manque de moyens afin d'assurer la sécurité. En revanche, " les prix du sucre et du riz sont maintenant stabilisés ".
Selon les textes en vigueur, le chef du gouvernement doit présenter sa politique générale devant le Parlement un mois après sa désignation. Cela n'a pas encore eu lieu depuis la mise sur pied du Congrès et du Conseil supérieur de la transition et l'adoption de la Loi fondamentale.
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