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Mines
Rajoelina s’acharne sur Ambatovy
Le président de la Transition a fait une déclaration pour le moins surprenante
Le président de la Transition lors de son discours, hier, attaque le projet Ambatovy. Son argument principal reste la redevance de 1% .
C’est presque une volte-face inattendue de la part d’Andry Rajoelina, président de la Transition. Profitant de son discours à la cérémonie de présentation de vœux d’Iavoloha, il a lancé des attaques virulentes contre le projet Ambatovy. Il a une nouvelle fois accusé les promoteurs de faire de superbénéfices alors que la part pour Madagascar est infime. Aucune annonce n’a été faite concernant ce qu’il compte faire après cette déclaration, mais en tout cas, le fait que le chef de l’État a décidé de déterrer ce dossier qui semblait déjà clos a surpris plus d’un. Ambatovy a déjà
« inauguré » sa première production de nickel et de cobalt en présence du président de la Transition.
« Avec l’investissement de cinq milliards de dollars qu’ils ont annoncé, les promoteurs d’Ambatovy pourront donc faire un retour sur investissement au bout de quatre à cinq ans. C’est le genre de contrat que les anciens dirigeants ont conclu », a-t-il martelé, lançant un pic à son adversaire, l’ancien président Marc Ravalo­manana.
Mais au final, les arguments du chef de l’État ne sont pas nouveaux. C’est la redevance de 2% prévue dans la Loi sur les grands investissements miniers qu’il pointe du doigt. Ambatovy est éligible dans cette loi et comme les promoteurs du projet ont décidé de transformer à
l’usine de Toamasina le nickel et le cobalt qu’ils extraient dans la mine d’Ambatovy à Moramanga, ils bénéficient d’un abattement de 1%.
Revirement
La renégociation des contrats miniers dont celui d’Ambatovy, a été l’un des chevaux de bataille d’Andry Rajoelina lors de la lutte qui l’a conduit au pouvoir. Mais la dimension internationale de ce projet avec l’implication de plusieurs organismes financiers dans son financement semble rendre difficile voire impossible la concrétisation de cette intention. Il y a quelques mois, le gouvernement de Transition avait signé un contrat portant sur la mise en place d’une caution de garantie environnementale de 50 millions de dollars et d’un engagement social de 25 millions de dollars en contrepartie de l’obtention du permis d’opérer de l’usine d’extraction du nickel et du cobalt à Toa­masina.
Aucune réaction, pour l’instant, du côté d’Ambatovy qui n’a eu aucun représentant à Iavoloha hier. Certaines analyses ont avancé que le rapport d’un audit effectué par un cabinet privé à la demande de l’État pourrait être à l’origine de cette volte-face inattendue. D’autres craignent les impacts d’un tel signal qui est loin d’être en faveur de la sécurité des investissements sur l’arrivée des investisseurs étrangers.

Mahefa Rakotomalala
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