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Critique
Des courts-métrages époustouflants
Les participants à la catégorie documentaire n'ont pas démérité lors de la présentation de leurs oeuvres. (Photos : Mamy Mael, Sergio Maryl et Hery Rakotondrazaka)
Ç a y est. La graine plantée depuis des années par les Rencontres du film court (RFC) commence à révéler ses premières pousses. Pour cette édition 2012, le cru a laissé entrevoir un horizon mirifique pour le cinéma malgache. « Un style qui a de la gueule », c'est ce qui pourrait résumer tous les courts métrages projetés lors des compétitions officielles. 
Jeudi soir, les catégories fiction et diaspora ont émerveillé la salle. L'on sent de plus en plus que les cinéastes malgaches veulent s'émanciper. Avec les RFC, ils ont trouvé le tremplin pour le faire. Pour une fois, depuis plusieurs éditions, chaque film a su happer et scotcher le public au-delà des attentes, souvent démesurées de ce dernier, sur les qualité techniques, sonores et autres.   

Catégorie diaspora

Rush, de Ludovic Randriamanantsoa (10 mn)
Prix du « réalisme », Rush de Ludovic Randriamanantsoa. Entre reality-show, action et drame, la fiction dépasse ici de loin la réalité. Dans les bas-fonds  d'Antananarivo, les injures est le langage, le joint la manne quotidienne, le vol à l'esbroufe une activité communautaire. Rush ouvre les yeux et torpille l'esprit. Avec son discours cru, sans morale et ses cadrages improbables, Ludovic Randriamanantsoa correspondrait au Quentin Tarentino de ces RFC 2012. 

Conter les feuilles des arbres, de Lova Nantenaina (4 mn 28 s) 
Prix de l'« harmonie » avec Conter les feuilles des arbres de Lova Nantenaina. Deux garçons et une fille sont des amis d'enfance et rêvent de châteaux et de merveilles. Le hic : les deux garçons sont tous amoureux de la petite. Tout devient prétexte à compétition entre les deux bambins pour gagner son petit cœur. Touchant, plein de vie, léger, le film s'avère être une grande bouffée d'air frais. En poète de l'image, Lova Nantenaina serait bel et bien le John Madden de cette édition.            

Tueur, de Pierre Henri Razafindratandra (5 mn)          
Prix de l'« hitchockien », pour Pierre Henri Razafindratandra avec Tueur. Intense et suant, ce film s'installe fiévreusement dans un face-à-face ultime entre un tueur et sa victime. Les images côtoient le côté obscur de la vie, jusque dans les plans et les couleurs, quand on voit la mort de près. Bras-de-fer psychologique, bestialité retenue, Tueur sonne comme le jugement dernier. Pierre Henri Razafindratandra pourrait bien être le Robert Rodriguez des RFC 2012. 

Le géant et la Lune, de Luck Razanajaona (16 mn)          
Prix de la « constance », avec Luck Razanajaona pour Le géant et la lune. Ce n'est plus un film court, c'est un vrai film dans son esprit. Une histoire simple. Des gens rabougris par la précarité. Et au fond du trou, on ne peut que remonter ou bouger sur place. À la fin, les personnages sont engloutis. Techniquement, il y a quelque chose à dire. Mais, il n'y a pas de quoi en faire tout un fromage. Juste pour ressentir, vivre. Le géant et la lune de Luck Razanajaona a été tourné dans les brouillards de l'âme. Il serait le Danny Boyle des RFC 2012. 

Asa, de Stéphanie Ratovonarivo (11 mn)     
Prix du « shakespearisme », pour Asa avec Stéphanie Ratovonarivo. Tout ça pour un foutu poulet, se dit le téléspectateur au générique de fin. Une femme va accueillir chez elle une proche qui arrive de France. La mère veut offrir un poulet. Elle force son mari pour l'argent. Devenu joueur, il cache qu'il a été licencié depuis un mois. Il part faire sa quête dans un casino illégal. Suite à une altercation, il meurt sous les yeux de son fils. Malgré un jeu d'acteur limite, Asa remet la vie difficile à sa place. Entre Stéphanie Ratovonirina et Brian Glibert, le courant passera vite. 

Darkanoïd, de Ando Raminoson (6 mn 53 s)
Le prix de l'« audace », sans aucune hésitation à Ando Raminoson avec Darkanoïd. Dans un futur proche, un jeune homme est poursuivi par des robots dans un décor apocalyptique. Le stade de Mahamasina n'est plus qu'une épave de béton, la ville basse un dédale poussiéreux, au loin, une épaisse colonne de fumée. Question effets spéciaux, Darkanoïd est le premier film, qui se doit, d’ouvrir les portes de la science-fiction malgache. Ando Raminoson serait le Georges Lucas des RFC 2012.

Catégorie fiction

Vie normale, de Freddy Raveloma­nantsoa (7 mn 15 s)
Prix de la « personnalité » pour Freddy Ravelomanantsoa dans Vie normale. En participant à ce concours, le jeune homme n'avait jamais pensé qu'il irait aussi loin. Cela se voit dans son film. Seulement s'accrocher aux choses simples et en faire un film. Une femme avec son fils maladif, tandis que son mari est au loin pour un voyage de travail. Vie normale, avec des erreurs de débutant, convainc par sa note personnelle. Freddy Ravelomanantsoa et Oren Moverman pourraient être de bons amis.   

La photographie/Sary iray tsy nipika, de David Randriamanana (7 mn 15 s)     
Le prix de la « rigueur » avec La photographie de David Randriamanana. Cela débute par un travelling sur un jeune homme dans les allées d'un cimetière. Le film baigne dans une ambiance de maison de retraite. Quelques questions sur le décor, parfois trop pointu où le goût de la spontanéité et du vrai se perd. Le film semble aussi être une courte méditation sur le troisième âge. David Randriamanana, pour cette méticulosité poussée à la démence, serait bien le Stanley Kubrick des RFC 2012.         

Ce n'est qu'un rêve/Sendra nofy ihany, de Minomihamina Ramanantsoa (13 mn) 
Le prix de la « sagesse » à Minomihamina Ramanantsoa dans Ce n'est qu'un rêve. Tiraillé entre les corvées familiales et l'école, Nantenaina, un garçon dévoué est envoyé en ville pour trouver du travail. Cette histoire est racontée dans le film à de jeunes patients par une petite main d'un établissement de soin. Lui qui a rêvé de devenir médecin, ironie du sort, finit balayeur dans les couloirs de l'hôpital. À part les défauts sonores, le message passe avec le ton qu'il fallait. Minomihamina Ramanantsoa serait le Rolland Joffé des RFC 2012.

Pas vue, pas prise, de Claudia Fabrunah (5 mn)
Le prix de la « fraîcheur » avec Pas vue, pas prise par Claudia Fabrunah. Une jeune femme dialogue par webcam interposé avec son petit ami parti en mission à Paris. Soudain ˇ un fringant personnage torse nu apparaît. Pourtant, l'actrice joue aux saintes. Celle-ci ne décolère pas et continue la conversation. Ce court-métrage a le privilège de n'employer qu'un seul plan. Les acteurs prennent ainsi en charge l'efficacité de l'histoire. La performance du point de vue acteurs est à souligner mais parfois trop condensée. Claudia Fabrunah serait le Laurent Bouhnik de cette édition.  

Dooz, de Michel Radonirina (10 mn)            
Le prix de la « sincérité » pour Michel Radonirina avec Dooz. C'est une manière de parler chez les jeunes, c'est-à-dire fait tourner la tige de cigarette entre eux. Yakoub, un garçon qui voue une adoration au caméléon passe son temps de jeu avec deux amis, ces derniers le jalousent et le rejettent. La première déception du jeune Yakoub. Un film qui a tout de ce qui est plus humain, presque une musique. Bizarrement, les plans attardés, sont les problèmes de ce RFC 2012. Dooz n'échappe pas à la règle. Michel Radonirina serait le Jean Jacques Annaud de cette édition.  

Maminirina Rado
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Code de déontologie des publications de L'Express de Madagascar

 

Puisque la liberté de la presse découle de deux droits humains fondamentaux, la liberté d’expression et le droit à l’information, elle nous donne des droits. Droits que nous ne saurons séparer des devoirs et responsabilités inhérents à la profession du journaliste. Le respect des droits d’autrui, les valeurs démocratiques, l’ordre public et le bien-être général sont les seules limites que nous nous imposons. Le code de déontologie du Groupe L’Express de Madagascar que nous présentons aujourd’hui, à l’occasion de la Journée mondiale de la liberté de la presse, définit les grandes lignes des principes que nous nous efforçons de respecter dans l’exercice de notre métier.

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