Protocole
Les différentes étapes du cérémonial
Le « fidiovana » ou « la purification » (Photo Ckaude Rakotobe)
Grosso modo, lors du Nouvel An malgache, trois rites sont toujours associés à sa célébration. Ils sont immuables et doivent être exécutés dans le respect intégral de la tradition. Si d'autres pratiques s'y ajoutent, cela ne fait plus partie du rituel. Et les traditionalistes veillent à ce que tout soit respecté selon ces rites.
Le « fidiovana » ou « la purification »
Trois concepts qui concernent l'individu doivent être purifiés, à savoir le corps, les relations sociales, et l'âme. Le rite permet de s'affranchir de toutes les rancunes, des mépris qui ont affecté l'année.
Les membres de la communauté se souhaitent la miséricorde mutuellement. Ainsi, le Malgache escompte passer vers une nouvelle année, le cœur léger et l'âme limpide.
Dans la pratique, l'individu s'astreint à manger de la viande un mois avant la date fatidique. Cependant, cette disposition reste flexible. Dans certains cas, funérailles, mariages ou autres, il peut enfreindre celle-ci. Ensuite, une journée avant le Nouvel An malgache, la famille doit procéder au grand ménage chez elle et dans ses lieux de travail. C'est aussi le temps du bain, à l'époque royale, rite dénommé « fandroana ». Il y a aussi l'introspection et la prière pour effacer tous les actes disgracieux effectués au cours de l'année qui s'achève.
Le « Afo tsy maty » ou « le feu sacré et éternel »
C'est le symbole par excellence de la célébration du Nouvel An malgache. Il annonce le début du réveillon, en quelque sorte. Un feu est allumé la veille.
Comme les rites aiment s'imprégner des symboles, le feu ici représente la lumière. Pour ainsi dire, il joue le rôle d'un média qui garde et fait passer les réalisations bénéfiques de l'année qui se termine vers l'année qui va venir.
Les bonnes choses semblent être mises en avant avec ce rite. Si ce feu est allumé quelques heures avant le compte à rebours, tout est fait ensuite pour qu'il ne s'éteigne plus qu'aux premières lueurs du premier jour de l'année nouvelle. Durant cette veillée, chants et danses viennent animer un grand feu de bois. C'est le côté festif de la célébration. Dans les zones reculées du pays, cette pratique reste encore vivace.
Le « Tso-drano », « Fafirano », ou la « bénédiction »
Elle se fait le premier jour de l'An, quand celui-ci est sur le point de se lever. Tout le monde se souhaite la « Bonne année » comme il est d'usage.
Ensuite, des hommes apportent l'eau pure et sacrée, « tsy voadikam-borona », littéralement que les oiseaux n'ont pas encore profanée. Le secret est jalousement gardé afin que personne ne vienne souiller l'emplacement de la source où l'eau a été puisée.
Ceci fait, un homme âgé, ou considéré comme le détenteur de la sagesse, asperge d'eau toutes les personnes présentes en clamant les bénédictions. Il souhaite, entre autres, que l'année soit bénéfique à tout un chacun, et que tous les projets aboutissent.
Pour ce faire, il utilise un branche d'« aviavy », un arbre royal, qu'il trempe dans l'eau sacrée et asperge l'assistance. Le Malgache a l'habitude de dire, « tso-drano zava-mahery », c'est-à-dire : la bénédiction est plus puissante que tout.
Le « Santatra » ou l'« inauguration »
Elle conclut la célébration et est en quelque sorte le réveillon. Chez le Malgache, toute nouvelle entreprise, une grande tâche, ou un travail est déclenché par le « santatra ».
La cérémonie est assez simple mais à forte charge symbolique. C'est le fait de manger du riz rouge bouilli, auquel sont ajoutés du lait et du miel. D'où l'appellation, de « vary tondrahan-dronono sy tantely ». C'est, semble-t-il, un plat apprécié des ancêtres. Mais il ne faut pas seulement se fier au goût de ces derniers.
Le riz est l'aliment de base des Malgaches, sa tige pousse dans l'eau mais s'enracine aussi dans la terre. Il est le premier produit des champs de la nouvelle année.
Le lait de vache symbolise celui maternel. Pour ainsi dire, c'est la continuité de la vie, celle qui est transmise par la mère vers l'enfant par le biais de son lait.
Le miel évoque le « ho to », ou « que cela advienne », sans omettre que l'individu accepte que le souhait se réalise. Identité, vie et réussite sont les trois vœux principaux et primordiaux de chaque nouvelle année pour le Malgache.
Maminirina Rado
Samedi 24 mars 2012