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Actualité Madagascar » Politique » Transition
Transition
Jean Omer Beriziky met en garde
Le Premier ministre a haussé le ton vendredi, à Mampikony (Photo Hery Rakotondrazaka)
Le chef du gouvernement tente de mettre les acteurs politiques devant leurs responsabilités. Un rappel à l’ordre à un moment où la Transition s’apprête à passer un nouveau test grandeur nature.
Un rappel à l’ordre. Le Premier ministre, Omer Beriziky, appelle les acteurs politiques sur la nécessité de respecter la Feuille de route au moment où la Transition est de nouveau mis à l’épreuve.
« Aucun d’entre nous, pour des calculs bassement politiques, n’a le droit de faillir à ses impérieuses obligations de respecter strictement ses dispositions [de la Feuille de route] au risque de faire perdurer dangereusement la Transition, et enfoncer encore davantage le peuple dans un abîme de pauvreté insupportable », a indiqué le chef du gou­ver­nement lors de l’inau­guration du pont de Maha­jamba, vendredi. « Que chacun soit tenu pour responsable devant la Nation et la communauté internationale de son inconscience quant au non-respect de la Feuille de route », a-t-il poursuivi.
Omer Beriziky profite du déplacement de Léonidas Tezapsidis, ambassadeur de l’Union européenne, dans la région de Boeny pour mettre les acteurs politiques devant leurs responsabilités.
« Nul n’ignore que le respect sans faille de la lettre et de l’esprit, ainsi que la mise en œuvre, de bonne foi, de l’intégralité des dispositions de la Feuille de route, et non certaines d’entre elles seulement, conditionnent la reconnaissance internationale des autorités de la Transition et les engagements de la communauté internationale », a-t-il souligné, évoquant le soutien à l’organisation des élections et à la levée des sanctions.
Zone de turbulences
Le Premier ministre réitère sa promesse à la tête du gouvernement. Il déclare son intention de « respecter tous mes engagements (...) pour respecter un processus de Transition neutre, inclusif et consensuel devant aboutir à la tenue d’élections crédibles, libres et transparentes » avant de remettre tout le monde à sa place. « Comme aucun d’entre nous, les gouvernants ne peuvent parler au nom des vingt millions de Malgaches, étant donné que nous ne sommes pas des élus », soutient-il.
Le discours d’Omer Beriziky intervient au moment où le gouvernement passe une zone de turbulences après l’épisode des maires évincés puis réinstallés. Le message est délivré alors qu’il ne reste plus que quelques jours avant l’expiration du délai fixé par la Troïka, organe de coopération de la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC) pour l’adoption de l’amnistie, soit le 29 février. Or, le clan Andry Rajoelina, président de la Transition, à l’image de Norbert Ratsirahonana, son conseiller, laisse déjà entendre l’impossibilité de respecter ce calendrier.
Sandile Shalk, chef du bureau de liaison de la SADC, avait rappelé la nécessité d’appliquer la Feuille de route dans son intégralité, lors de sa rencontre avec le chef du gouvernement, le 13 février, si l’on se réfère au communiqué de la Primature. Il promet l’examen des éventuelles causes de non-application de la Feuille de route ainsi que les propositions des parties concernées.
Benja Urbain Andrian­tsizehena, vice-président du Congrès, membre de l’Union des démocrates et des républicains pour le changement, une plate-forme de soutien à Andry Rajoelina, est « d’accord avec le Premier ministre », du moins en partie. « Si tout le monde est de bonne foi, je ne vois pas où est le problème », avance-t-il. « Concernant le délai du 29 février pour l’amnistie, nous pouvons nous inspirer de la période de formation du gouvernement, qui avait pris du retard. Nous avons quand même avancé dans plusieurs domaines pour ne citer que l’adoption de la loi sur la Commission électorale nationale indépendante de la transition, et prochainement celui du code électoral », poursuit-il.
Mais le membre du bureau de la Chambre basse rejette pourtant toutes nouvelles discussions autour d’une table pour la mise en œuvre de la Feuille de route. « Chacun doit prendre ses responsabilités et il suffit au Conseil chrétien des Eglises de respecter sa contribution, au même titre que la Société civile, pour le suivi de la mise en œuvre de la Feuille de route sans penser à une quelconque médiation », enchaîne-t-il.


Iloniaina Alain
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