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Actualité Madagascar » Economie » Eau et électricité
Eau et électricité
Le compte de la Jirama dans le rouge
Les dégâts cycloniques aggravent le cas de la Jirama (Photo Mamy Mael)
La Jirama vend à perte. Rien qu'en 2011, l'écart entre son chiffre d'affaires et les charges d'exploitation était de 127 milliards d'ariary.
La situation de la Jirama est bel et bien catas­­trophique. Contraint au droit de réserve en tant que société d’État, elle accumule en silence des pertes mirobolantes depuis deux années consécutives. Après une situation assez satisfaisante en 2009, les choses se sont sérieusement dégradées une année plus tard. En 2010, la Jirama dépensait déjà largement au-dessus de ce qu'elle gagnait. L'écart entre le chiffre d'affaires et les charges d'exploitation de 42 milliards d'ariary s'est sérieusement creusé en 2011 pour attaeindre les127 milliards d'ariary.
« Même pour une société d’État, vendre ses produits à perte est une chose anormale. A court terme, cette situation va être impossible à tenir pour la Jirama, notamment vis-à-vis de ses partenaires », analyse un professeur d'économie à l'université.
Explosion de charges
Plusieurs facteurs expliquent cette détérioration très rapide et très importante des finances de cette société. D'abord, les 10% de baisse de prix décidé en 2009 ont entraîné inévitablement des répercussions sur l'année suivante. Parallèlement, le prix du carburant sur le marché international a commencé à s'envoler. L'achat de gazole et de fuel lourd pour les centrales thermiques a alors pris une part de plus en plus importante sur les finances de la Jirama. En 2009, cette dépense à elle seule, accaparait déjà 75% des charges de fonctionnement. Ce chiffre a augmenté à 81% en 2010, et à 87% en 2011.
« La sécheresse particulièrement sévère en 2011 n’a certainement pas arrangé la situation de la Jirama. La société était obligée de recourir en grande partie à ses centrale thermiques, ce qui causait des charges supplémentaires énormes », analyse un ancien haut responsable à la retraite de la société.
Cette situation pesait énormément sur le prix de revient du kilowattheure de l’électricité. Alors que les politiques imposaient le gel du prix sur l’électricité, son prix de revient était inévitablement devenu supérieur au prix de vente. En 2010, le coût de production d'un kilowattheure était de 464 ariary alors qu'il était vendu à 352 ariary chez les consommateurs, soit une différence de moins 82 ariary. La vente à perte s'est poursuivie et s'est même accentuée en 2011, avec un écart atteignant jusqu'à moins 185 ariary par kilowattheure.
La baisse de la capacité d'investissement est le premier impact d'une mauvaise santé financière d'une société. Pour une industrie comme la Jirama, c'est une situation catastrophique, vu que ses installations ont besoin, en permanence, d'être entretenues. Sans parler des réhabilitations nécessaires suite aux dégâts causés par le mauvais temps, comme le cyclone Giovanna ou les vols de câbles, qui ont particulièrement proliféré ces derniers mois. Dans ce contexte, le projet de révision à la hausse des prix semble inévitable et pourrait même intervenir plus tôt que prévu.


Mahefa Rakotomalala
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